Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 25, verset 40

Le troisième pied de notre chaise nous propose le service habité par la compassion de notre prochain. Étymologiquement, ce mot dérive du latin « cum patior », littéralement « souffrir avec ».
Je pense à Yves*, malade du sida et à son corps envahi de plaies purulentes qui défigurent jusqu’à son visage. Lors de notre première rencontre, il m’a confié : « Est-ce que quelqu'un va pouvoir m'aimer comme je suis ? » Avec d’autres, je l'ai accompagné durant quatre ans, jusqu'au bout, jusqu'à être à bout.
Au chevet des personnes malades, j'utilise toujours ma trousse de douce compassion avec ses quatre « P », Présence, Patience, Partage et Prière. Présence discrète et aimante, tour à tour silencieuse ou habitée de quelques paroles, mais toujours à l’écoute, une présence de qualité. Patience, pour répondre aux désirs et aux besoins de la personne malade, la servir avec humilité.

Partage de ma disponibilité dans la fidélité et la durée, afin d’instaurer une relation humaine. Prière. Quand les personnes malades me demandent de prier pour elles, nous le faisons ensemble, si c'est possible. Souvent, à la fin de ma visite, je leur confie la mission de prier.
Grâce à ma trousse de douce compassion, la personne malade se sent entourée, respectée, considérée et aimée. Les personnes malades sont nos maîtres. Les accompagner est une grâce qui demande toujours de rester humble. Dieu est amour. Il aime le monde à travers chacun de nous, à travers ceux qui manifestent dans le monde Sa compassion.

* Prénom modifié.

Ma trousse de douce compassion