Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Évangile selon saint Matthieu, chapitre 6, verset 10

Les peintres flamands représentent souvent des paysages avec plus de ciel que de terre, les deux finissant par se rencontrer à l'infini. La présence du ciel vient nous rappeler notre pèlerinage vers le Royaume de Dieu.
Sur la terre comme au ciel signifie maintenant comme plus tard. Mais le ciel désigne de manière générale le monde invisible des anges et des saints. En imitant leur vie sur terre, et avec leur aide, nous devenons nous-mêmes des fidèles serviteurs de l'Évangile, des passeurs d'éternité.
Je veux être heureux aujourd'hui, donner la force de vivre aux personnes que je rencontre. À qui sourire ce matin ? En rayonnant cet amour qui vient de Dieu, tu feras venir le ciel sur la terre.
Reste la question de la souffrance.

Jésus a traversé, sans la fuir, sa passion. La croix reste présente au cœur de nos vies. Jésus n'a pas supprimé la souffrance, il est venu la remplir de sa présence. Il n'a pas supprimé la croix, Il a été cloué dessus, par amour pour nous. Son message est toujours actuel : « celui qui veut marcher à ma suite, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive »*. L’invitation est valable, même à la dernière heure, comme pour le larron sur sa croix devenu bon : « Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton Royaume. »**
Comme portier de mon couvent à Toulouse, je suis très touché par la réponse de Jésus sur la croix. Elle ouvre la porte du Royaume en faisant miséricorde : « En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis. »

* Évangile selon saint Luc, ch. 9, v. 23.
** Évangile selon saint Luc, ch.23, v. 42.
Peinture de Jan van GOYEN : Paysage d'estuaire

Passeur d'éternité