Si vous aviez de la foi, gros comme une graine de moutarde, vous auriez dit à l’arbre que voici : “Déracine-toi et va te planter dans la mer”, et il vous aurait obéi.

Évangile selon saint Luc, chapitre 17, verset 6.

Mais que devient la Bonne Nouvelle du Christ dans un monde d’où le divin semble s’être retiré ? Que fait Dieu devant tant de violence et de lâcheté ? Qu’a-t-il fait pour venir au secours de son Fils à l’heure de la Passion ? Aujourd’hui, ces questions resurgissent et la foi paraît reléguée au vestiaire. Car elle est insolite, déroutante aux yeux de beaucoup de nos contemporains. Ils nous interpellent : « Comment pouvez-vous encore croire en un Dieu aujourd’hui ? »
Souvent d’ailleurs, Jésus s’étonne du manque de foi. Elle est aussi un chemin laborieux qui peut faire peur. Son caractère insolite contraste avec la communication moderne et la technique aussi rapides que sans surprise. Seulement, l’humanité fait ce qu’elle peut dans la lenteur et parfois la déroute. Insolite et fragile comme l’homme, la foi n’en est pas moins notre trésor et notre joie.

Car enfin la foi sauve et s’avère efficace si elle est accompagnée de gratitude comme l’a manifesté le récit des dix lépreux purifiés.*
Seul un étranger rend gloire à Dieu et fait preuve de gratitude. Tous sont purifiés, mais lui seul est sauvé.
La foi de cet homme est celle de notre Sauveur. Elle n’a jamais fini de nous surprendre. Grosse comme un grain de sénevé, elle a la puissance de faire passer un chameau par le trou d’une aiguille et de déraciner les arbres pour les planter dans la mer. Pourtant, celui qui chasse les démons, calme les tempêtes et guérit les malades est mis échec et mat en ce début de Semaine sainte. Décidément, croire semble bien insolite. Mais n’est-ce pas là le prix de la foi ?

* Évangile selon saint Luc, ch. 17, v. 11-19.

Insolite