Je crois, viens au secours de mon manque de foi.

Évangile selon saint Marc, chapitre 9, verset 24

La défaillance et le doute sont les lieux de la rencontre entre le croyant et l’incroyant. L’humble, conscient de ses limites, sait que sa foi peut défaillir. Ces heures sont à vivre sans honte, comme un dépouillement, une occasion de percevoir l’incroyant non pas comme quelqu’un à qui il manquerait quelque chose, mais comme un humain, un frère, une sœur de qui nous avons à recevoir, car nous ne lui sommes pas supérieurs, nous sommes aussi à terre et salis par la boue du chemin.
La croix est un lieu d’égalité où Pierre lui-même rejoint les reniements de l’histoire en même temps que les relèvements. « Avant que le coq chante, tu m’auras renié trois fois. »*

Notre monde court un risque : celui de se défaire, par méfiance, par soupçon, par manque de crédit mutuel. C’est un paradoxe, car la finance, fondée pourtant sur le crédit, règne par ailleurs en maître. Pourquoi cet affaissement de la confiance dans la parole, dans nos relations interpersonnelles comme dans la parole publique ? « Le Fils de l’homme quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? »** Il est permis de se le demander avec lui et d’être inquiet.
Oui, la foi peut être mise en échec par nos refus. Au Golgotha, notre commune humanité manifeste sa fragilité, sa capacité à faire obstacle au bien et à la bonté. Pourtant, sur la Croix notre Sauveur assume toutes nos défaillances. Seule notre foi en lui peut restaurer nos liens de confiance et nous faire retrouver la joie.

* Évangile selon saint Matthieu, ch. 26, v. 34.
** Évangile selon saint Luc, ch. 18, v. 8.

Défaillance