Je tiens mon âme égale et silencieuse.

Livre des Psaumes, Psaume 130, verset 2

Les portes claquent – métal contre métal – des voix s'élèvent, des bagarres. Aucune chance d’avoir cinq minutes de paix. Je ne vous parle pas de mon couvent, mais de la prison où j’ai travaillé pendant ma formation de prêtre. J’ai été frappé de voir combien les prisonniers souffrent du manque de silence.
En rentrant chez moi, je retrouvais le bruit de la ville d’Oxford : les klaxons, les foules pressées. Même dans notre couvent des Blackfriars, un grand effort est nécessaire pour préserver le calme indispensable à l’étude et à la prière. Un frère sage me disait qu’on n’a pas encore appris comment vivre en communauté tant qu’on ne sait pas fermer les portes doucement. Le silence extérieur aide à trouver le silence intérieur, pour la paix entre les frères et la paix dans mon cœur.

J'irai plus loin, le silence intérieur est la condition de la connaissance de Dieu. Jean Tauler, mystique dominicain, a écrit : « Pour que Dieu parle, il faut se taire. »
C’est la leçon de saint Joseph qui se prépare à écouter le message de Dieu. Dans l’Évangile, il est l’homme du silence. Non pas un silence mort, mais un silence attentif et actif. D'ailleurs, quand cet homme juste reçoit la parole de Dieu, immédiatement « il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit »*.
Le silence de Joseph est déjà une communion d’amour. Comme ces vieux couples qu’on voit ensemble, silencieux, mais tout heureux. Voilà un silence de présence, aussi plein et aussi beau que la musique. Après tout, « la musique est dans le silence entre les notes ».

* Évangile selon saint Matthieu, ch. 1, v. 24.

Rien que cinq minutes...