Le septième jour est le jour du repos, sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes, ni l’immigré qui est dans ta ville. Car en six jours le Seigneur a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent, mais il s’est reposé le septième jour.

Livre de l’Exode, chapitre 20, versets 10 et 11

La première fois, dans la Bible, que Dieu nous demande d’agir comme lui, c’est pour nous dire de l’imiter dans ce qu’il a pourtant de plus inimitable : sa fonction de Créateur ! Heureusement, il ne nous demande pas de créer à notre tour le ciel et la terre, le soleil et les étoiles, les musaraignes et les ornithorynques. Pour nous, ressembler au Créateur, c’est accepter de nous reposer, comme il s’est reposé au septième jour d’après le livre de la Genèse.
Bonne nouvelle pour les paresseux du monde entier !
Et pourtant, les chrétiens ne se sentent en général guère concernés par ce commandement, qui nous dit cependant quelque chose d’essentiel : créer, ce n’est pas produire. Produire, nous savons bien ce que c’est : on ne cesse de nous demander de produire, et quand nous n’en sommes plus capables, quand nous ne participons plus à la chaîne, on nous considère bien vite comme inutiles.

On sait combien ce processus peut devenir déshumanisant, quand il prend toute la place. On moquait jadis la routine citadine « métro – boulot – dodo », mais on est plutôt heureux aujourd’hui quand on a un emploi, que le métro fonctionne et que les inquiétudes ne font pas fuir le sommeil. Créer implique bien autre chose : non pas nier les nécessités économiques qui nous font vivre, mais savoir leur poser une limite, qui permet de ne pas en être esclave, qui permet d’en rester le maître et d’y trouver un sens.
Retrouver la ressemblance avec le Dieu Créateur, c’est, comme lui, savoir cesser de faire pour commencer à être.

Les temps modernes de Charlie Chaplin - 1936
Méditation enregistrée dans les studios de Radio Notre-Dame Paris

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